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Témoignages

Au Burkina-Faso, l'association REV+ fournit des soins et accompagne les personnes séropositives. Lara a recueilli le témoignage de plusieurs femmes suivies par cette association.

B., 39 ans

J'ai appris ma maladie peu de temps après le décès de mon mari. A ce moment là, je tombais souvent malade. Pendant un séjour en Côte d'Ivoire, j'ai été hospitalisée; à mon retour, une voisine m'a conseillé de faire le test. Je l'ai fait et il s'est révélé positif (c'était en 2005). Depuis ce jour, je vis seule, et seulement ma mère est au courant. Je viens à l'association, qui m'aide beaucoup. Je suis sous trithérapie depuis 2006 et je tombe rarement malade. Je vis mieux.

K., 43 ans

Je suis tombée gravement malade, je ne pouvais plus marcher, je croyais que j'allais mourir. En 2003, je suis allée à Bobo Dioulasso faire le test. J'ai appris ma séropositivité. Je ne voulais pas y croire car je n'avais pas d'amant, il était donc impossible que j'ai cette maladie ! Je me suis donc renseignée sur les différents modes de contamination, puis je me suis aperçue que cela pouvait donc être possible. J'ai beaucoup pleuré, et me suis posé des questions, Comment j'ai attrapé cette maladie ? Je l'ai seulement dit à mon mari, mais beaucoup de personnes parlent et supposent quelque chose.
J'ai commencé la trithérapie en 2006. Depuis tout va bien. Mon dernier fils n'est pas infecté et je fais attention à ne pas lui transmettre. Actuellement mon mari est à Bobo pour des soins.
Maintenant, mon problème, c'est le manque de moyens, mon mari a dû vendre sa moto pour les soins. Béréba, où j'habite, est à 25 km de l'association et je viens 3 fois par mois : pour mon traitement, mais aussi pour les groupes d'observance au traitement et de parole.

O., 30 ans

Mon mari défunt m'a laissée avec une grossesse. Après l'accouchement, je suis tombée malade à plusieurs reprises. Une infirmière m'a conseillé de faire le test (2003). Avant la remise des résultats, on m'a demandé ma réaction en cas de séropositivité. J'ai répondu que "lorsque l'on a une maladie, on ne peut pas la jeter !".
Après l'annonce, on m'a orientée vers un centre afin que le lait pour mon bébé ne soit pas infecté. Ma soeur et mon frère sont au courant, ils m'aident même à acheter le lait pour mon bébé.
J'ai beaucoup souffert, mais maintenant mon enfant a 5 ans et tout va bien.

B., 28 ans

J'étais souvent malade, mais ayant un implant contraceptif, je pensais que c'était cela qui me mettait dans cet état. A l'hôpital, on m'a conseillé d'aller me renseigner ailleurs !
Ma soeur m'a amenée à Revs+ où j'ai fait le test (2007). J'ai directement été mise sous trithérapie. Mon mari est également contaminé, il est aussi sous trithérapie. Heureusement, mes enfants ne le sont pas. L'association me donne des conseils que je suis correctement, c'est pourquoi je suis en forme. Grâce à Revs+ je vois que je ne suis pas seule, et cela m'aide à penser à mon avenir: "que vont faire mes enfants si l'on meurt ?".
Mon problème actuel est que mon mari ne vient pas aux groupes de parole, il n'entend donc pas ce qui est dit. Lorsque je lui en parle, il ne me croit pas et cela crée des disputes. Je lui cède, et j'ai d'ailleurs fait une fausse couche récemment.

B., 55 ans

Je tombais souvent malade, j'ai été transférée à l'hôpital où l'on m'a fait le test (2006). A cette annonce, j'ai perdu tout espoir. Puis j'ai écouté des conseils et maintenant je sais que je peux vivre. Je suis contre la douleur, et mes enfants qui sont au courant, m'encouragent à me battre et m'aident à bien prendre mon traitement. Mais ceux-ci sont grands et ne vivent pas à mes cotés, je vis seule et mes moyens sont insuffisants.

B., 32 ans

Tombant régulièrement malade, j'ai fait le test en 2006. Cette nouvelle m'a désespérée, car plus personne ne s'approchait de moi, alors que je n'avais rien dit. Mon mari m'a abandonnée à cause de la maladie, j'étais découragée. J'ai été mise directement sous trithérapie. Mon enfant a moins d'un an, il n'a donc pas encore fait le test.

N., 39 ans

Mon mari est décédé il y a 8 ans, je tombais fréquemment malade, mais je n'ai fait le test qu'en 2008. J'ai fait une dépression, allais-je vivre ? Les conseils, ainsi que ma tante me réconfortent et me montrent que je peux vivre. J'ai été mise sous trithérapie dès l'annonce. Maintenant ma santé est bonne.

F., 42 ans

J'étais couramment affaiblie, mais ne me doutais de rien. Un jour, à l'église, une personne de Revs+ a parlé du VIH, de sa transmission et de ses effets. J'ai donc fait mon test. Après avoir appris le résultat, j'étais très marquée. J'ai vu que d'autres personnes qui ont la maladie sont en forme, ceci me réconforte. Ma maman, mes frères et mes enfants sont au courant. Le dernier a fait le test et il n'est pas infecté. Je suis sous trithérapie depuis 2007 et tout se passe bien.
Mon problème actuel est que l'on vient de me mettre sous traitement anti-tuberculeux, qui est incompatible avec la trithérapie. J'ai peur d'avoir un problème, car j'ai du arrêter ma trithérapie pendant 2 semaines.

L., 39 ans

J'ai un zona, je tombais parfois malade, j'ai fait le test en 2003. J'en avais gros sur le coeur, j'étais découragée, car beaucoup disent que c'est une mauvaise maladie, que lorsqu'on l'a on ne peut plus vivre. J'avais très peur, mais grâce à Revs+ je sais que ce que disent les gens n'est pas vrai. Je l'ai dit à ma soeur, mais tout le monde est au courant. La famille du village m'a rejetée, et comme ma maman n'est plus là, je préfère ne plus aller au village. J'ai quatre enfants, un seul a été testé positif, il est d'ailleurs décédé. Je suis sous trithérapie depuis 2005 et mon taux de CD4 diminue à cause de mon zona, mais ça va bien.
Je demande toujours une aide à Revs+ pour garder la force de continuer à lutter.


Lara, en quoi consistaient ces dernières missions (missions hors AiderAfrique) ?

En mars 2008, j'ai pris mon envol, avec un groupe, pour le Mali. Après une formation en mécanique, nous avons récupéré des véhicules venus de France. Dans un village près de Kayes, nous avons rénové et réapprovisionné l'école, installé des panneaux solaires sur le dispensaire, préparé des parcelles de maraîchage et posé un système d'irrigation d'eau. Des forages on été faits aussi.
En janvier 2009, je remets ça au Burkina Faso : dans une petite ville près de Bobo Dioulasso, avec un groupe de jeunes burkinabés, nous avons réhabilité un centre agricole en touchant à tous les domaines (maçonnerie, plomberie, électricité...). C'était aussi l'occasion d'échanges interculturels.

Quel bilan fais-tu de cette expérience ?

Au niveau professionnel, au cours des 2 voyages, j'ai rencontré une infirmière qui m'a permis de découvrir une facette du métier qui est différente de celle en France. Cela m'a fait prendre conscience que c'est ce métier là que je voulais faire, même si cette idée trottait dans ma tête depuis un petit moment.
Sur le chantier, j'ai pu apporter une aide même si elle fut succincte, je me suis sentie utile à travers ces projets.

Sur le plan personnel, j'ai pris connaissance qu'être en groupe n'est pas facile, il faut savoir s'imposer afin de pouvoir se faire respecter. Cela s'amplife si les motivations personnelles de chacun ne sont pas les mêmes. De plus, j'ai fait un petit travail sur moi afin d'être franche mais de façon moins agressive, de réfléchir avant de parler et de m'exprimer de façon posée.

Durant ces missions, une réelle prise de conscience s'est mise en place.
La vie dans des pays aussi pauvres permet de connaitre les vraies valeurs de la vie, c'est une chose qu'il ne faut pas oublier. J'ai pu constater que les personnes qui habitent là-bas vivent en communauté et restent solidaires entre elles. Il n'y a ni bagarre, ni violence.
J'ai appris à connaître des personnes qui n'ont pas les mêmes modes de vie. Vivre de très bons moments et de fortes émotions. On ne peut pas imaginer tout ce que ces personnes nous ont apporté : de la joie, leur humanité, leur simplicité, tout ça réuni en une seule personne. Elles donnent tout ce qu'elles peuvent même si elles ont peu, et tout cela me touche profondément. Leur vie n'est pas facile, mais malgré ça les Africains restent tous solidaires; si une personne est en difficulté, ils sont là.
J'ai gardé contact avec certaines personnes de là-bas. J'espère les revoir un jour. Ces missions resteront gravées dans ma mémoire. J'espère également en faire d'autres.

Tu t'engages aussi dans l'associatif ici. Pourquoi as-tu choisi ces associations ?

Avant de partir et encore aujourd'hui, je m'engage aussi en France, car la solidarité n'est pas seulement importante à l'étranger. Il y a également dans notre pays, devant notre porte comme le dit si bien le proverbe, beaucoup de personnes en difficulté. Je fais partie de plusieurs associations dont deux de lutte contre le VIH, car cette maladie est un fléau et j'ai décidé de participer au combat préventif et curatif.

Quels sont tes autres projets ?

En direct du Burkina, avec les 2 missions qui se sont succédées je me suis aperçue que c'était le métier d'infirmière que je voulais exercer. Dans celui-ci, je vois le coté soin mais également le coté social. J'ai donc fait les démarches d'inscription en école de là-bas. Quelques jours après mon retour j'ai passé l'écrit des concours d'infirmière. En attendant les résultats, j'ai commencé à préparer l'oral. Malheureusement, je n'ai pas été retenue, mais c'est quelque chose auquel je m'attendais un peu: vu que la décision a été prise au Burkina, j'ai eu très peu de temps pour réviser. J'envisage donc de faire une préparation aux concours d'entrée en école d'infirmière afin de le repasser l'année suivante ou alors de partir en Service Volontaire Européen afin d'avoir une expérience plus ciblée sur le métier. Ceci ne peut être que bénéfique maintenant que la réflexion sur mon projet professionnel a abouti.

En fait, tu voudrais concilier l'activité professionnelle avec un bénéfice social, non ?

Tout à fait, mon but est d'exercer un métier dans lequel il y a une approche particulière avec le public. Je trouve que le métier d'infirmière me correspond car pour moi, derrière ce métier, il n'y a pas seulement le soin, il y a aussi l'accompagnement du patient et de son entourage. Ce métier me permettra de partir en mission à l'étranger et de trouver facilement un emploi à mon retour en France.
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