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01/02/2007

Interviews des membres de l'ASFEGMASSI

Aïcha, infirmière
"Je voudrais exprimer ma plus vive reconnaissance à l'ASFEGMASSI car à l'époque où j'ai rejoint l'association, je vivais de graves difficultés. J'y ai reçu un traitement contre le VIH et un soutien financier de la part de AIDES pour mes petits besoins, car j'ai 7 personnes à charge (1). Aujourd'hui je me sens très en forme.
J'ai du déménager en haute banlieue à cause de la stigmatisation: mon propriétaire m'a demandé de quitter mon logement lorsqu'il a appris ma séropositivité. C'est maintenant plus difficile pour venir travailler, mais je n'ai pas de problème en ce moment, je suis salariée."

Bamba, comptable
"L'accès aux antirétroviraux est difficile: 35000 francs guinéens alors que le salaire d'un fonctionnaire de catégorie A est de 250/300000. Il peut le payer car c'est une question de santé, mais c'est un trou dans le budget familial. AiderAfrique nous aide à donner les traitements à 33 personnes, mais les frais d'examens biologiques restent à la charge du patient. On a maintenant 300 malades dont 100 sous antirétroviraux.
Malgré les difficultés, nous avons mis en place 10 agents qui font des visites à domicile. C'est une bonne méthode d'approcher les malades: nous ne vivons pas avec eux, mais nous sommes avec eux. Il nous manque des moyens pour défrayer les agents.
Nous avons fait aussi de la sensibilisation auprès des prostituées.
Merci aux contribuables français qui nous ont aidés à nous agrandir (2)."

Soumah, chargé du suivi-évaluation, assistant social
"L'année dernière a été particulière car nous avons rénové le bâtiment et le nombre de patients a augmenté. Nous pouvons maintenant bien progresser.
Au niveau politique et économique, la Guinée vit un calvaire, il faudrait que ça change. On ne peut pas rester dans la souffrance. Sans le soulèvement du 22 janvier (3), le gouvernement n'aurait pas changé de politique. Il faut se lever, bouger les gens qui ont une conscience, j'appelle tout le monde à une prise de conscience: pas seulement l'Etat, mais tous les citoyens, tous les fils du pays. La loi fondamentaile de 2000 doit être respectée. Nous sommes un pays pauvre mais avec des ressources inexploitées en sous-sol."





Bangoura, médecin
"On peut vivre longtemps si on prend les médicaments correctement. Mon rôle c'est de dire qu'on peut vivre positivement.
Lors des visites à domicile, on voit que les gens manquent de nourriture et d'argent, parfois je leur laisse moi-même un peu d'argent. On se débrouille pour aider les malades, alors qu'on n'a pas perçu nos salaires."

Mariama, médecin-chef
"Je fais partie de l'ASFEGMASSI depuis 1992. On a fait de la sensibilisation jusqu'en 2000, dans les écoles, avec les femmes, dans les quartiers, les lieux publics. Bref, on a été sur le terrain pour parler de l'épidémie. On soignait aussi les MST.
A partir de 2000, plusieurs agents de santé ont rejoint l'association, qui s'est spécialisée dans la prise en charge médicale. Le personnel médical a suivi des formations, notamment à l'hôpital Bichat à Paris. Les antirétroviraux ont coûté très cher, jusqu'à 1 million de francs guinéens par mois ! Depuis décembre 2005, le traitement coûte 35000 et bon nombre de patients peuvent les acheter, sinon avant c'était de l'or !
En 2006, il y a eu la rénovation du centre, et nous avons eu 1800 consultations cette année.
Avec la crise, les moyens manquent en Guinée, rares sont les familles qui mangent 3 repas par jour. Les patients ne peuvent pas payer les frais d'examens biologiques. Les 33 patients AiderAfrique se portent à merveille, ils n'ont pas eu de rupture de traitement malgré les grèves de 2006 et 2007. Que Dieu bénisse AiderAfrique !"


(1) Il s'agit d'un programme de soutien aux membres associatifs séropositifs
(2) La coopération française a rénové le centre de soins en 2006
(3) Après 3 semaines de grève nationale, une manifestation de grande ampleur a eu lieu à Conakry
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