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Témoignages

Rafiatou, plaidoyer et médiation

J'ai suivi une formation au plaidoyer faite par AIDES. Depuis, nous avons organisé un sitting devant le parlement avec les autres associations pour manifester contre les ruptures d'approvisionnement de traitements. On a choisi le jour où l'assemblée se réunissait en plénière et nous sommes arrivés à 6 heures du matin. Nous étions 2000 manifestants et nous avons fait du tapage. la presse écrite, la TV et même RFI sont venus nous interviewer. La police a fait pression pour nous disperser mais nous sommes restés sur place. Le ministre de la santé nous a envoyé son directeur de cabinet pour nous accorder une audience, mais nous avons refusé la proposition. Plus tard, nous avons obtenu qu'une délégation des associations et du ministère se rende à la pharmacie centrale pour soulever le problème. Nous avons donc rencontré la direction de la pharmacie centrale, qui nous a promis un approvisionnement dans les 10 jours. Nous sommes revenus le jour de la livraison et nous avons constaté l'arrivage des médicaments. La formation au plaidoyer va reprendre pour faire le bilan de nos succès et de nos échecs.

Je témoigne souvent de ma séropositivité à visage déccouvert, j'ai participé à un film documentaire. Je n'ai pas froid aux yeux, je m'affiche partout. Cela me plait beaucoup de mener cette lutte, de porter le plus loin possible la voix des sans-voix.

Il arrive que le mari rejette sa femme séropositive, la mette à la rue. Mais en plus, ses enfants sont traités de la même manière! Il lui dit "ce sont tes enfants, je ne veux plus de vous", alors qu'ils n'y sont pour rien et puis ce sont des créatures de Dieu. Je tente alors une médiation. C'est pareil lorsqu'un patron licencie un employé séropositif. Cela peut mener en justice.

Il faut parler du cas des nouveau-nés infectés lors de la grossesse. L'enfant est rejeté, laissé pour compte alors qu'il est innocent. Des enfants sont renvoyés de l'école, ou sont servis séparemment à la cantine, ils doivent apporter leur propre assiette et ils sont moqués par leurs copains. On mène alors une enquête sur les dires de l'enfant et on discute avec le personnel de l'école, ce qui améliore souvent les choses.

Emilie, infirmière

Je conseille des jeunes femmes séropositives qui veulent avoir des enfants. Elles peuvent préserver leur santé et celle de l'enfant en allant au centre PTME [qui fournit un traitement pendant la grossesse]. On reçoit aussi des enfants déshérités. J'explique aux parents que leur enfant peut survivre.

Les enfants font des diarrhées, de la fièvre, ils vomissent. Il faut améliorer leur alimentation. On suit une vingtaine d'enfants ici.

Je souhaite qu'on fasse la promotion du traitement pour les enfants, car les mères se sentent obligées d'allaiter leur enfant pour qu'on ne découvre pas leur séropositivité [ce qui augmente le risque de transmission du virus].

Il nous faut aussi des traitements de deuxième intention pour les patients résistants au virus.

Charles, assistant pharmacie

Depuis que la crise de l'association est passée, les partenaires reviennent peu à peu. Je suis bénévole et je touche une indemnité de transport.

Ma femme est séropositive, je n'allais pas la laisser. En travaillant ici, je fais ça pour elle.

Ce qui m'a marqué, c'est la rupture d'approvisionnement des traitements. On va sans cesse à la pharmacie centrale, sans pouvoir être servis. Les malades sont mécontents et désemparés. Même un patient qui a l'argent n'est pas servi et il y a des gens sans moyens, même pour manger.

Il nous manque d'autres produits dans notre pharmacie associative. On va déménager dans un nouveau local et pouvoir mieux bosser.

Nous avons besoin d'aide, pas seulement financière, mais qu'on nous apprenne à trouver des partenaires. Il nous faudrait aussi du crédit téléphonique pour notre activité.

Dans l'association, il faut privilégier la vie des usagers, c'est dans ce sens que j'agis, quels que soient les problèmes entre les gens qui travaillent ici.

Action Contre le Sida, Lomé (Togo)

Joël, 11 ans

Je suis venu à ACS pour être en bonne santé. Je suis venu accompagné par une soeur de l'église baptiste du quartier.

Ma mère m'a laissé à ma tante. Mon père est parti, il est routier. Quand ma tante prépare la pâte [prépare à manger], on ne me donne pas à manger. Je mange le matin seulement. Ma tante a dit que j'ai le sida et que je vais mourir. On m'a mis de côté, tout seul.

Ici, on m'a soigné, on m'a fait une perfusion. On me nourrit 3 fois par jour. Je dors ici maintenant.

[Joël tousse beaucoup]

Immaculée, accueil

Je travaille à ACS depuis un an. Je me suis fait dépistée en 2004. J'étais gravement malade. ACS m'a soutenue, mes parents aussi. Je suis commerçante au marché central. J'achète des bijoux à Cotonou et je les vends ici à Lomé. Dans l'autre sens, je vends de la maroquinerie.

J'ai perdu mon argent à cause de la maladie. J'ai tout dépensé à l'hôpital pour un traitement antibiotique. J'ai une fille de 16 ans dont ma mère s'occupe.

Avant la crise d'ACS, on a aidé beaucoup de gens. Je me souviens d'une femme complètement abattue, abandonnée par ses parents. Elle est décédée depuis et ACS finance la scolarité de sa fille.

Le petit Joël est bien ici, avec nous. Il nous dit ce qui ne va pas. Ni son père ni sa mère ne se préoccupent de lui.

Je souhaite qu'on puisse aider les gens qui sont dans une situation misérable. Avant, on faisait de la sensibilisation publique tous les samedis, avec des mégaphones.

Les familles abandonnent les malades, il faut les aider à vivre.

Christophe, service social

Je travaille ici depuis 2 ans. J'ai souffert de la maladie avant d'arriver à ACS. Je fus rejeté par ma famille. Mais depuis que je travaille, ils voient que je peux aussi donner quelque chose à la famille et ils me demandent un peu.

Mon petit frère m'a aidé à payer le test de dépistage qui coûtait 4500 CFA. Il m'a faire promettre de ne pas annoncer ma séropositivité à ma famille. Mais j'ai prié Dieu, lui connaît mon état, alors pourquoi cacher ma séropositivité?

Mon oncle m'a répondu: "c'est fini pour toi". Aujourd'hui les ponts sont coupés avec lui.

L'association m'a aidé tout de suite. J'ai mal aux pieds à cause du traitement [les effets secondaires]. Mon petit frère qui est chauffeur de taxi m'a soutenu financièrement, mais lorsque sa voiture est tombée en panne, j'ai apporté mes affaires ici et je vis depuis au centre. Je dors dans les locaux.

Je suis imprimeur de profession, sans emploi. Je me suis endetté pour payer le traitement en empruntant aux tontines. J'aidais des commerçantes au marché.

Ma compagne est décédée pendant sa grossesse. Je suis sans femme.

J'ai fait 15 jours de coma, atteint d'une toxoplasmose. Actuellement ça va...un peu. Il me manque une petite activité pour solder mes dettes.

Tanty, assistante laboratoire

J'ai 3 enfants, ce sont des garçons. Depuis que j'ai perdu mon mari, je tombe souvent malade. Je suis allé à l'hôpital. J'étais absolument certaine d'être séronégative et j'ai fait le test en toute confiance.

Quand j'ai retiré le résultat, je suis devenue folle. Je ne m'y attendais pas du tout. Je suis sortie en courant dans la rue, j'ai couru chez ma soeur, je l'ai laissée en pleurs et je suis repartie en courant dans la rue comme une folle. Une voiture m'a renversée, sans que ce soit trop grave.

Le médecin de l'hôpital m'avait indiqué le centre ACS mais je n'avais pas d'argent pour payer le traitement. Mon cas s'est aggravé. J'ai passé un mois à l'hôpital. Ma mère m'a aidée pour les frais d'hospitalisation. Là, je suis tombée gravement malade.

J'étais coiffeuse - je faisais les tresses - mais je ne pouvais plus travailler.

Avec le traitement, ma forme est revenue. Ici, on m'a acceptée pour travailler, en aidant le laborantin. L'indemnité que je touche est insuffisante à cause du transport. Ma mère continue de m'aider pour la scolarité de mes fils au lycée et au collège. Elle fait du maraîchage et prépare le riz à la cantine scolaire.

Je suis fière d'être en blouse blanche! J'ai l'espoir d'aider l'association, que tous mes soucis partent...

Abbey, service social

Je suis bénévole au service social d'ACS.

J'ai eu des difficultés... mon enfant de 2 ans est décédé.

J'ai fait alors mon test de dépistage et j'ai convaincu ma femme de le faire aussi.

Nous achetions notre traitement 6000 CFA par mois. Je fais le taxi-moto et gagne environ 1000 CFA par jour. Nous avons 5 enfants à charge. Ma soeur m'a aidé financièrement. Je n'arrive pas toujours à boucler le mois. Après la journée de travail à ACS où je suis indemisé 10000 CFA par mois, je reprends le taxi-moto pendant 2 ou 3 heures. Je le fais aussi parfois le matin dès 5 heures.

Je paie le traitement de ma femme. Même si on a l'argent, on ne trouve pas toujours les traitements disponibles. Je partage alors mon médicament avec elle.

Ce mois-ci, je n'ai pas de traitement.

Je ne veux plus avoir d'enfants.

Kodjo, visites à domicile

Je suis à l'association depuis 2 ans.

J'ai fait des maladies et consulté un herboriste car je ne connaissais pas l'existence du centre. J'ai continué à avoir mal au foie et aux reins.

En arrivant ici, je me suis plongé dans le travail pour aider les gens. Je faisais des visites aux malades à leur domicile. Mais depuis j'ai eu 2 opérations abdominales et je ne peux plus me déplacer à moto. Je ne dors plus la nuit.

Je fais maintenant le conseil psycho-social. J'ai suivi une formation pour cela. Le problème est que nous sommes peu indemnisés. Je dois faire des analyses pour mes yeux. C'est cela qui me préoccupe actuellement.

Auparavant, j'ai fait une formation de transitaire, mais je n'ai pas trouvé d'emploi. Je ne trouve pas de travail au port de Lomé.

Lors de mes visites à domicile, je rencontre des gens très souffrants qui n'arrivent pas acheter leur traitement, ni même à acheter à manger. Parfois, ils n'ont rien mangé depuis 3 jours! Ils ne peuvent pas prendre leur médicament faute de nourriture. Ces gens sont très abattus, ça nous fait pitié. Chez ACS, on n'a pas encore de financement pour aider ces gens.
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